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Le journal d'Aasha Bipolaire

Le journal d'Aasha Bipolaire

Le quotidien d'une jeune femme vivant avec "l’handicape invisible", la maladie psychique, la bipolarité.

Femme & Bipolaire

Femme & Bipolaire
Femme & BipolaireFemme & Bipolaire
Femme & Bipolaire

Pour mon cas, je trouve qu'être Femme, dans cette société misogyne, ce n'est vraiment pas évident dans tous les domaines.
Alors, quand vous réalisez que vous avez des problèmes mentaux en plus, le monde devient de plus en plus compliqué.

Je viens d'avoir 30 ans et bien évidemment le regard des autres et leurs critiques et ou questions deviennent vite pesantes.

Quel travail ? Quel diplôme ?
Beaucoup d'entre nous, soit comme moi, n'ont pas la chance de finir leur cursus et donc trouver un travail.
Ou sinon, ceux qui ont du quitter leur travail ou qui se sont fait renvoyer...
Alors, il y a déjà le fait que la maladie est présente et qu'elle a déjà joué un rôle important dans notre parcours professionnel. La vie est vite perturbé par les phases de manie ou et dépression. Puis il y a aussi la phase de mise en place du traitement qui prends du temps, de la patience, de la persévérance et de l’énergie. Ne pas négliger les effets secondaires qui peuvent vite augmenter et devenir nuisible ( rythme de sommeil perturbé, fatigue, problèmes digestifs et autres ...).

Combien d'enfant ? Mariée ?
Là ça se complique. Ces domaines que sont la famille et la vie sentimental sont ceux qui sont je pense les plus impacté par la maladie.
Côté cœur, être célibataire n'est pas une situation enviée et même on parle déjà de "vielle fille"....
Autant avant le diagnostique qu'après, ma vie sentimental n'a jamais était de tout repos. Même si pour moi, le temps de "guérison" ou plutôt de "calibrage bien être" me parait long et douloureux, pour la personne partageant notre vie c'est souvent un bien trop long calvaire. On fini presque tous par être seul.
Alors, si on est mère célibataire malade. Les critiques fusent très vite, du genre, " Mais pourquoi as tu fait un enfant alors que tu es une handicapée mentale ?" ( pour ma part, j'ai appris mon diagnostique après mon premier accouchement), "oh, pauvre petit, avoir une mère mentalement instable!" ...
Bref, c'est vrai que pour ma part j'aurais réfléchis à deux fois avant de prendre ce type de responsabilité si j'avais su pour ma maladie. Il y a malheureusement beaucoup de femme qui l’après comme moi au moment de babyblues.
Après, comme pour le parcours professionnel, le parcours de vie d'une femme bipolaire est semé d'embuche de plus grande ampleur.
Après la période d'allaitement, il y les séjours en clinique et les effets des différents traitement qui ont mis de la distance entre moi et mon enfant... et actuellement je ne suis toujours pas "stabilisé".
Sans l'aide de mes proches et surtout de ma mère, je n'aurais pas pu vivre proche de mon fils même en étant encore un "mère indisponible".
Alors oui, selon le regard de certain, je suis une "mère indigne", une "mère absente" et je le pense aussi (auto stigmatisation). Évidemment, j'essaie de lui donner le meilleur que je puisse et je fais de mon mieux mais évidemment je m'en veux terriblement de ne pas pouvoir offrir la vie que j'avais rêvé pour lui et pour mon couple.

Même dans la famille, être le mouton noir ce n'est déjà pas évident et être un mouton noir avec des problèmes mentaux ça peut peser lourd selon la sensibilité et mentalité de chacun des proches.
Pas évident, dans cette société où la maladie mental est très mal vue et faussement édulcoré dans le monde people et à la télé. Cela n'aide pas pour assumer déjà nous même la situation. C'est extrêmement délicat d'annoncer la nouvelle du diagnostique à quelqu’un, de se dire qu'on a une fille ou sœur malade...

Au niveau des relations amicales, on trouve ceux qui ne gardent aucun ou très peu d'ami et qui ne disent pas forcément le secret soit ceux qui arrivent à garder des amis et choisissent ou pas de le dire. Dans tous les cas, ce n'est pas évident et il y a beaucoup d'appréhension.
Surtout que souvent les femmes sont les premières à se lancer des piques la première et à se critiquer.

Pour finir, être une femme seule, malade, mère célibataire, sans travail et sans domicile fixe est vraiment compliqué à gérer. Ce n'est pas facile d'accepter que notre propre corps nous lâche et que du coup on devient vite une dépendante en tout. Mais pourtant pour m'en sortir, il ne faut pas que je prends compte du regard et des critiques de la société car cela prend beaucoup de temps ( je parle en année) de thérapie (travail sur soi) et pour trouver le traitement qui nous va le mieux.  En acceptant de devoir compter sur les autres ( si on a la chance d'être bien entouré) et d'avoir un corps et un mental qui se liguent contre vous.

Être un homme bipolaire aussi n'est pas évident mais personnellement je trouve qu'il est mieux toléré et qu'il a moins de pression sur ses épaules qu'a une femme aujourd'hui. Et puis, je ne suis pas un homme donc j'ai beaucoup moins d'information pour pouvoir juger.
Je souffre d'être comme en retard par rapport aux autres sur tout, d'être une moins bonne maman, une moins bonne compagne, une moins bonne fille, sœur ....
Être un homme et surtout une femme bipolaire, je trouve que c'est le parcours du combattant.

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